LA CONSTRUCTION #2 : TROUVER LES PESOS

Dans la Construction, nous vous proposons de suivre de façon hebdomadaire l’avancée de la création de notre première revue, centrée sur la région PACA.

« Mais comment vous allez-financer ça ? » Cette question, peut-être celle que l’on a le plus entendu depuis les origines de notre projet, est, au bout d’un moment, assez redondante. Et pourtant c’est une question d’une simplicité folle mais aux enjeux essentiels. Nous avons beau eu essayer de ne pas penser à l’aspect financier et se concentrer d’abord sur le fait de réaliser une revue mettant en avant nos envies en terme de journalisme, il a bien fallu à un moment donné sortir de cette utopie et trouver quelques moyens pour payer notre essence, imprimer les revues et les distribuer par la suite.

Quand l’idée se précise au début de l’année 2016, nous décidons de nous former en association pour avoir un cadre légal, et pourquoi pas demander des subventions. Car si la grande majorité de la presse française vit et survit sous perfusion des sous de l’Etat, nous ne voyons pas pourquoi nous n’aurions pas nous-même droit à une petite somme à quatre chiffres, ne soyons pas fous. En plus, notre revue souhaite faire la part belle à nos régions et en montrer les merveilles cachées. Le tour devrait être joué. Nous allons demander à chaque région une petite subvention pour sillonner les routes du territoire. Dans les interminables papiers à remplir, il faut détailler exactement, catégorie par catégorie, à quoi servira l’argent donné. Nous mettons donc sur papier notre volonté de s’acheter un camion afin de le retaper et le transformer en Archibus, capable de nous héberger et nous permettre de travailler une fois sur la route. Nous inscrivons aussi que l’argent servira à imprimer cette première revue. Nous faisons une demande de subvention d’action spécifique (qui sert dans les cas d’une action unique), et devons dans ce cas recevoir une réponse dans le mois. Confiants, nous nous voyons déjà racheter une vieille épave comme un Renault Traffic ou un Ford Transit et le retaper à notre guise. Au bout d’un mois, pas de réponse. Quinze jours plus tard toujours pas. Nous nous manifestons et obtenons une réponse lapidaire quelques jours plus tard. Il est impossible pour la région de nous aider à acheter un véhicule, considéré comme de l’investissement. En outre, ils nous informent qu’ils n’aident jamais à la publication d’un numéro 1 d’une revue. Drôle de manière de procéder. Au moment ou ces lignes sont écrites, il reste un petit espoir de convaincre le Conseil Général (les départements) de nous aider.

En plus des subventions, nous souhaitions financer notre projet à hauteur de 50% par de l’argent privé. Nous avons donc fait ce que tout le monde fait aujourd’hui pour n’importe quel projet : lancer une campagne de crowdfunding. Nous y avons cru… la première semaine. Le problème des sites de financement participatif réside dans la sur-présence de projets de toutes sortes. Les gens s’y perdent et à moins d’avoir été repris par plusieurs médias, on disparaît assez vite dans la masse. On atteindra la moitié de notre somme mais ne pourrons même pas en profiter puisque sur ces sites il faut atteindre les 100% pour récolter les pesos. Sans subvention ni financement participatif, il a fallu se résoudre à nous adapter et repenser notre voyage.

Le beau camion tout aménagé ayant rejoint le pays des rêves, il ne nous restait plus beaucoup de solutions de rechange. Nous avons opté pour la 306 diesel de Simon. Une bête. Nous avons donc exclusivement vécu dans cette petite citadine de la fin des années 1990 pendant tout notre périple. Et malgré les galères, notamment de place, cela ne nous est pas revenu pour trop cher. Merci le diesel et l’écologie. A défaut d’avoir eu de l’argent pour cette partie-là, nous n’en n’avons pas trop perdu.

Maintenant que le voyage est passé et que la revue en train d’être finalisée, il va falloir trouver des fonds pour imprimer. Et cela coute assez cher surtout si l’on veut essayer de faire le plus bel objet possible auquel nous pensons. Si les subventions ne tombent toujours pas, il nous restera quelques tours dans notre sac. Le premier serait de vendre le premier numéro avant même qu’il ne parte en impression. Cela demanderait une énorme confiance des futurs acheteurs mais cette semaine nous a encore prouvé que rien n’était impossible dans ce XXIe siècle. Nous pourrions aussi essayer de nous faire « produire » par une maison d’édition qui croirait en notre projet et aurait apprécié notre maquette ainsi que nos articles. En outre, il reste toujours la possibilité de la publicité très ciblée même si il ne faut pas que cela dénature le rendu, surtout de revues de ce type qui ne sont pas faites pour être trop polluée par des pages de ce type. Enfin, il restera toujours la solution de facilité qui consistera à vendre un petit rein sous le manteau pour assurer à notre beau journal son avenir.

LA CONSTRUCTION #1

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