CEUX QUI COMPTERONT : ALEXIS TSIPRAS : L’AUTRE VOIE

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En ce moment, si il y a bien un homme qui inquiète instances européennes et marchés financiers du vieux continent, c’est bien le grec Alexis Tsipras. Leader de Syriza, la coalition de la gauche grecque, il est selon les sondages celui qui remportera dimanche prochain les élections. Son but avoué : mettre fin à l’austérité infligée par le FMI et l’Union Européenne à son pays depuis le début de la crise dans la zone euro. Ce n’est pas pour autant qu’il souhaite quitter le navire européen, ni même renoncer à l’euro. Dans son programme, des mesures chères à la gauche de la gauche : relever les impôts, introduire un salaire minimum, offrir la gratuité des soins ou encore distribuer des chèques-repas.

Car la Grèce, malgré les mesures dictées par l’Europe, ne sort que trop peu la tête de l’eau. Son économie se meurt, elle est depuis six ans en récession, le taux de chômage atteint presque les 30%. Pire encore, il y aurait 36% de pauvres dans le pays. Tel Mateo Renzi en Italie, Tsipras fait partie de cette nouvelle garde européenne, la quarantaine fiévreuse, qui souhaite tout autre chose que de s’agenouiller devant Angela Merkel et ses mesures. Connu du grand public depuis à peine cinq ans, sa progression et sa notoriété ont grandit à toute vitesse dès lors qu’il a réussi à rassembler sous son égide la ribambelle de partis d’extrême gauche que compte le pays. Il dit clairement qu’il ne veut pas rembourser l’énorme dette grecque, ce qui a le don d’agacer particulièrement Merkel qui en réponse laisse entendre que l’on pourrait voir la Grèce sortir de la zone euro. Mais plus que tout, Tsipras souhaite donner espoir aux peuples qu’il qualifie d’opprimés par « la barbarie des plans d’austérités. » Et si un nouveau souffle pour cette Europe patibulaire nous venait justement du pays qui a inventé la démocratie ? Tsipras, sûr de lui, y croit.

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